• 1er mai 2003 / RECTO-VERSO

    Paul Amar reçoit Sheila dans une émission tout à fait essentielle et indispensable pour vraiment connaître Sheila / Anny. La sincérité de ses réponses aux questions pertinentes et parfois dérangeantes ou déstabilisantes de Paul Amar la rendent encore plus proche de nous. On a juste envie de la serrer encore un peu plus fort contre notre coeur...

    Morceaux choisis :

    P.A. : J'ai été assez impressionné lorsque vous écrivez dans votre livre "Ce livre est tellement vrai qu'il me fait peur".

    S : J'ai eu une année 2002 assez difficile et Didier Varrod m'a repoussée dans mes derniers retranchements, et comme je suis en confiance avec lui, j'ai dit des choses que peut-être je n'aurais pas dites, et à la relecture je me suis un peu découverte, j'ai découvert que quelque part j'avais des cassures, et ça m'a fait peur car c'est vraiment la première fois que je découvre le flanc. J'ai 57 ans, il faut faire le point de la vie pour être bien avec soi. Ce métier que j'adore par dessus tout et qui est ma vie est aussi très dangereux... être vrai avec soi et avec les gens, je crois que c'est ce qui paie le plus.

    Reportage sur Sheila yéyé puis Sheila 2003, chantant L'Absent de Gilbert Bécaud.

    Annie Markhan : C'est Sheila, la femme qu'elle est, tendre, blessée. Je me demandais comment elle faisait pour chanter ça tous les soirs, sans que ses larmes coulent. Elle m'a répondu "Mais elles coulent..." et les miennes coulaient aussi (très émue), et on a pleuré tous les soirs ! parce que si vous voulez, c'est sa blessure qui ressortait à travers tout ça...

    S : (essuyant ses yeux) Vous attaquez fort !

    PA : Oui...

    S : Blessures avec ou sans "S" ?

    S : Avec !

    Didier Varrod : Pour ses 40 ans de carrière à l'Olympia, Sheila a été gratifiée de nombreuses Unes de la presse nationale notamment Le Monde, ce qui paraissait un peu halluccinant, et il y a eu une reconnaissance a posteriori d'un parcours, d'une longévité et l'idée d'alle au delà d'une analyse un peu fugitive est venue. 

    Jacqueline Tordjman : C'est la première fois qu'elle se met à nu complètement, ce livre lui a servi de psychanalyse et elle a encore grandi.

    PA : 1 million et demi de 45t de L'Ecole Est Finie, c'est énorme, vous vous en rendiez compte ?

    S : Non, je n'ai rien vu venir. ça a été vite, j'en voulais, je rêvais de faire ce métier, j'ai rencontré Claude qui m'a fait chanter, moi mes débuts, c'est chanter dans sa voiture pendant des heures entre deux rendez-vous. Mais j'ai beaucoup appris.

    Françoise Hardy : Sylvie, c'était plutôt la jeune fille sexy, Sheila c'était plus la chanteuse populaire on va dire...

    PA : Vous dites que vos couettes pèsent 3 tonnes...

    S : Oui, je le dis parce que aujourd'hui on me parle encore des couettes, alors je suis ravie mais ma carrière ne se résume pas à L'Ecole Est Finie, vous comprenez bien ! C'était en 63, j'ai du les porter deux ans, et vous vous rendez compte encore maintenant l'impact que ça a !

    PA : Le fait que Claude Carrère ne vous fasse pas faire de scène a alimenté les rumeurs, elle ne veut pas aller sur scène parce qu'elle chante en play-back...

    S : Oui, est-ce que c'est elle qui chante, il y a tout eu, c'est une choriste, etc.

    DV : Carrère dit "on ne fait plus de scène et on prend la télévision comme vecteur de communication", et il l'utilise de manière géniale à ce moment là, à chaque chanson une chorégraphie, une nouvelle tenue, on prévient le fan-club à l'avance pour que le public soit là, hurle comme il se doit et tout d'un coup, comme sur les sites internet aujourd'hui, on a une communication interactive entre le public et la chanteuse, mais avec ce filtre terrible qu'est l'écran de télévision qui fait que vous voyez l'artiste, mais vous ne pouvez j'amais l'attraper, la toucher...

    Jean-Marie Périer : Elle n'arrêtait pas ! De tous, c'est sûrement elle qui a travaillé le plus. C'était infernal, elle était très pressurisée.

    Françoise : Cette rumeur, c'est parce qu'elle avait un succès énorme, des trois c'est elle qui avait le succès le plus important, et c'est toujours avec l'importance du succès qu'on a des problèmes de rumeur, de jalousie, d'envie, de presse qui vous en veut...

    S : Je me suis rendu compte, à la relecture de ce qu'a écrit Didier, à quel point ça m'a traumatisée. A 18 ans, j'allais pleurer dans les bras de ma mère, je vais voir Claude Carrère, il me dit "ça n'a aucune importance, du moment qu'on parle de toi, c'est bien". Je sais que le jour de mon enterrement il y en aura qui diront "au fond, on n'a jamais su la vérité" !!!

    Monique Le Marcis : C'est Maurice Favières sur RTL qui innocemment a dit à l'antenne "Si vous voulez présenter vos voeux de bonheur à Sheila, allez tous devant la mairie du XIIIème" et ça a été la panique totale...

    PA : Est-ce que vous ne vous exposez pas trop dans le bouquin en racontant votre vie avec Ringo jusqu'au divorce, jusqu'aux raisons du divorce, n'y a-t-il pas une part de vie privée que vous devriez garder pour vous ?

    S : Ma vie privée a été tellement étalée qu'au fond  on n'a étalé que les mauvaises choses et on ne me connaît pas. J'ai la sensation que les gens se sont construit une image de moi qui ne me correspond pas. je suis quelqu'un d'honnête et de franc, il y a des choses à dire et j'ai gagné le droit de les dire. J'ai connu la gloire, des choses merveilleuses et puis voilà, aujourd'hui je continue à faire ce métier que j'adore, je le fais différemment, je me suis arrêtée pendant 9 ans, donc j'ai pris du recul sur tout ça parce que c'est tellement éphémère la gloire, c'est tellement rien...

    JMP : Je ne comprends pas cet acharnement sur Sheila qui est quelqu'un qui n'est pas agressif...

    FH : J'ai aimé quand elle a voulu aller dans une autre direction artisitique, c'est quelque chose qui est difficile à faire parce que le public ne vous suit pas forcément, ce qui a été son cas.

    DV : Dans les années 80, il y a eu des très beaux textes, qui parlent de la réalité, de l'état des lieux émotionnel de cette femme, des fractures qu'elle a vécues, et c'est vrai que ce n'est pas passé. Il y a des chansons comme Vivre Mieux, Emmenez-Moi qui parlent de désespoir, de solitude, de tristesse, d'injustice.

    S : C'est une époque de ma vie où je trouve qu'on était assez gonflés, on y croyait tellement tous les deux; on s'est tellement battus contre tout le monde parce que c'est vrai que c'est pas un virage que j'ai pris, j'ai tourné à 360°. c'était gonflé, c'était difficile, mais je ne regrette pas ! Mais vous voyez, c'est là que je suis un peu stupide, parce que au lieu de dire je m'en vais, je plaque tout, comme je suis quelqu'un d'excessivement fidèle, j'ai dit on va monter notre production mais je vais rester en distribution chez Claude, parce que Claude c'est Claude, voilà c'est comme ça on ne peut pas me changer, je suis comme ça ! Voilà moi j'aime les gens, donc des fois je fais des erreurs, là j'ai fait une erreur... 

    DV : Pour le Zénith, encore une fois on va occulter l'intérêt du spectacle, on va totalement oublier qu'il y a eu des critiques formidables, et on ne va retenir qu'une chose, que Sheila fait un bide !

    S : cette volonté de dire "Y-a-t-il un spectateur dans la salle ?", on a tout eu c'était terrible, alors que le nombre d'artistes qui ont fait le Zénith et qui n'on pas rempli mais dont on n'a jamais parlé, le nombre de spectacles annulés, on n'en parle pas... Moi là ce qui m'intéresse dans le reportage qu'on vient de voir, c'est qu'en 85, tout le monde est venu, il y avait le Tout-Paris. J'ai fait un spectacle en 2002 qui fêtait mes 40 ans de carrière, personne n'est venu, à part Annie Cordy qui est une amie, et Dave, mais tout le parterre parisien, on a invité tout le monde, je n'ai même pas reçu de télégramme, je trouve ça... C'est ça que je voudrais qu'on m'explique. Je ne comprends pas. C'est une fête 40 ans, c'est énorme, c'est une vie. Je ne comprends pas encore aujourd'hui qu'on ne me donne pas ma chance en venant me voir. C'est quelque chose que je ne m'explique pas, qui m'exaspère et me fait du mal, parce que je ne trouve pas ça logique et normal.

    FH : (Sur les adieux de 1989) Ben oui c'est très très émouvant parce qu'en même temps on percevait que c'était pas du tout du chiqué, qu'elle était vraiment triste, qu'elle avait un véritable chagrin. On sentait qu'il y avait beaucoup de choses difficiles qu'il fallait qu'elle intègre, oui c'était très, très bouleversant.

    DV : Elle dit "j'avais besoin de faire face à tout ce qu'on disait de moi, que j'étais une vieille chanteuse, une chanteuse ringarde, j'étais has-been, javais fait des trucs atroces"...

    S : (appuyant sur la zappette pour mettre le reportage sur pause) Je peux plus là... Il faut que je dise quelque chose ! Quand on voit ces images, on voit à quel point je suis vidée... C'est plus moi, je chante mais je tiens avec des béquilles quelque part... Il y a eu un moment où j'y allais à reculons, et si on ne peut pas donner dans ce métier, il vaut mieux rester chez soi.

    FH : On sent très bien chez elle qu'il y a une détermination, c'est une des raisons pour lesquelles je l'estime beaucoup, qu'il y a un courage et une volonté... Lion, c'est une lionne ! (rires)

    Patrick Robert-Galéra : Il y a eu 9 ans d'absence, 9 ans de manque, et la première chose qu'elle a faite quand elle est revenue sur scène en 98, c'est s'adresser à son public et lui dire Tu M'as Manqué...

    DV : Elle fait son métier non pas avec les avantages d'une artiste qui a vendu 70 millions de disques, mais dans une dynamique presque d'auto-production. Qui fait l'Olympia sans sponsor télé ou radio ? Personne. Qui fait une tournée sans avoir de disque qui tourne à la radio, au moins des Golds, Sheila est la seule artiste française qui n'est pas diffusée sur les radios dites nostalgiques !

    PRG : Sincèrement, je trouve qu'elle n'a pas la reconnaissance qu'elle mérite... Quand je vois qu'on fait des tas de choses aux gens, et elle jamais une Victoire de la Musique, jamais rien, comme si elle n'existait pas quoi... Eh bien non, elle existe !

    S : Je crois que je resterai toujours une petite fille, mais je crois que c'est ce qui fait que je continue à avancer. Je n'aime pas perdre, alors je me bats. Aujourd'hui, je garde tout de ces 40 ans. J'ai tout de même eu une jolie vie, non ? A l'arrivée, j'ai des bleus ? Bon, ben j'ai des bleus, bof. Ben les bleus on met une petite pommade, et puis ça se soigne...

    MISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOURMISES A JOUR

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  • Commentaires

    2
    Pame Profil de Pame
    Mardi 19 Avril 2011 à 16:18

    Merci Beaucoup je voulais revoir cette émission je n'ai plus la VHS.

    1
    Pascal du nord
    Lundi 18 Avril 2011 à 20:45

    Un seul mot: GENIAL !

    Pascal.

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