• 25 mai 2002/ LES IDOLES DU SAMEDI

    Nouvelle participation de Sheila à cette émission, à l'époque où Canal Jimmy aimait les chanteurs et la chanson, ce qui n'est absolument plus le cas d'ailleurs... et je me demande finalement à quoi sert cette chaîne aujourd'hui ? Séries américaines sur séries américaines : je ne la regarde plus jamais ! Bref, en ces temps lointains, l'ami Didier Varrod qui, nul ne l'ignore, aime les chanteurs et adore Sheila, la recevait fréquemment et rediffusait des émissions cultes, alors que Télé-Mélody n'en était qu'à ses balbutiements... Dieu soit loué, elle a pris la relève !

    Ce 25 mai, nous avons donc droit à Sheila sur le plateau des Idoles du Samedi, à la rediffusion d'un Midi-Première du 18 novembre 1976, puis du concert accoustique déjà diffusé le 14 février. Avec, en prime, une interview de Sheila par Didier au sein même du concert, entre chaque chanson. Du beau boulot Didier, bravo ! Il n'est pas étonnant, lorsqu'on voit l'attention qu'il lui porte, que moins d'un an plus tard soit paru "Ne vous fiez pas aux apparences"...

    DV : Les idoles du samedi, Sheila, Le retour !

    S : (Rires) L'éternel retour, on peut dire !

    DV : Vous habitez à canal Jimmy, non ?

    S : On m'a loué une petite chambre en haut, et de temps en temps on me sort !!! Je suis heureuse d'être là, d'autant que j'ai eu une très très belle aventure qui marquera un passage de ma carrière car vous avez été les premiers à me laisser partir dans quelque chose de tout à fait inédit, et à l'arrivée ça a plu à plein de gens et on a pris plein de plaisir à le faire...

    DV : A la suite de la diffusion de ce concert, on a reçu un nombre énorme de mails, de courrier...

    S : Rien n'arrive par hasard, et quand on est sincère, même si c'est inattendu, le public nous regarde un peu différemment. Je ne vous parle pas des gens qui me suivent et qui de toutes façons m'aiment car quoi que je fasse ils trouvent ça bien, parce que ils m'aiment moi,  mais les gens qui ne sont pas fous de Sheila ont été intrigués, intéressés, c'est ce qui est intéressant... Je vais fêter cette année mes 40 ans de carrière, et c'est bien de ne pas rester assis sur son trône ! Dès qu'on me propose quelque chose de surprenant, j'aime le faire.

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    DV : On va revoir en intégralité une émission à laquelle on peut dire que vous étiez abonnée, c'est un Midi-Première de Danièle Gilbert de 1976. A l'époque, il y avait ceux qui vous reprochaient d'être tout le temps à la télé, de squatter les ondes...

    S : Oui... Ils se sont vengés depuis !!! (rires) Oui, on ne peut pas dire que j'inonde les radios, hein...

    DV : ça, c'est clair. Alors il y a 3 chansons dans cette émission, la première c'est Patrick, Mon Chéri...

    S : Sincèrement je vais vous dire que ce n'est pas une de mes préférées, je pense que vous le savez... Pfff, moi si j'écoute, bon les gens qui m'aiment bien ils disent qu'ils adorent, que c'est incontournable, mais pour moi c'est à fuir... Pas parce que c'est pas bien mais bon, pour moi c'est pas vraiment un tube, c'est entre deux, c'est une époque où on avait la chance que toutes les chansons qu'on faisait passaient, mais pour moi ce n'est pas un truc qui restera dans ma carrière... Et moi ce qui me tue, c'est le départ surtout... Avec la voix, je me rappelle de l'enregistrement... C'était un truc terrible, c'était presque du Shakespeare !!!

    DV : Deuxième chanson, Les Femmes.

    S : Ah ! ça j'aimais bien ! C'est un peu plus rock n' roll, ce n'est peut-être pas une grande chanson mais moi j'aime bien, comme Blancs Jaunes Rouges Noirs, des chansons un peu plus dynamiques, et vocalement ce n'était pas évident à faire, je me souviens avoir travaillé très longtemps pour arriver à passer les aigüs correctement... J'aime bien, ça !!!

    DV : Troisième titre, Quel tempérament De Feu.

    S : C'est incontournable on peut dire... J'ai eu une période où je l'avais mise de côté, où ça m'énervait parce que c'était vraiment euh... On l'a remise dans mon spectacle de 98 et je trouve que ça passe très bien, parce que ça me correspond et quand je la chante je me sens bien, bien dans mes baskets. Je pense que lorsqu'ils ont écrit les paroles et qu'ils ont mis Quel tempérament de feu, ils m'avaient bien regardée. C'est une chanson qui est sympa...

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    Patrick, Mon Chéri - Les Femmes - Quel Tempérament De Feu

    (Cf l'émission complète dans l'année 76)

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    Pour le Concert Unplugged, Cf février 2002

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    Interview pendant le concert.

    DV : Sheila, vous êtes face à un miroir, comment réagissez-vous face à votre image, Sheila ?

    S : Le matin je m'adore ! J'ai un principe étant quelqu'un d'optimiste, j'ai des phrases, le soir je me dis que je m'aime, que je suis ravissante, que je suis toujours d'accord avec moi, comme ça je m'endors en paix avec moi-même et le matin je suis de bonne humeur ! C'est un très bon système.

    DV : Vous n'êtes pas nombriliste ?

    S : Ah non, on est mort quand on se regarde le nombril, ça ne fait pas avancer. Moi j'aime la compétition, pas tellement avec les autres mais avec moi-même. J'aime l'inconnu, les challenges et je déteste perdre, c'est pour ça que je m'agite beaucoup en me disant qu'il n'y a pas de raison pour que je n'y arrive pas ! Il faut que ça soit excitant, il ne peut pas y avoir de routine dans un métier d'artiste.

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    DV : Les épreuves traversées vous ont-elle rendue plus forte aujourd'hui, après 39 ans de carrière ?

    S : Plus forte, certainement. Le bonheur, ça se savoure, on est là, on est bien, c'est merveilleux... Tous les problèmes de la vie c'est dur à vivre sur le moment, mais je crois aussi que c'est ce qui vous fait grandir et avancer. Il y a une phrase très belle dans Vivre Mieux qui dit "toutes ces rides d'amour qui rendent vieux, je veux vivre avec et oublier".... A 20 ans on est beau parce qu'on est jeune. A 40, on est en pleine force de l'âge, passé 50, je pense que le visage commence à devenir le reflet de l'âme. Et c'est là qu'on voit les gens qui vieillissent bien et ceux qui vieilliesent mal. Il y a des très jolies rides...

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    DV : "J'ai toute une vie sur papier journal, coincée entre tempête et mer calme"... Estce- que c'est lourd de découvrir sa vie dans les journaux parfois Sheila ?

    S : Au début, on ne se rend pas compte, on est content. Au départ j'étais vachement fière d'être dans un journal. Mais ensuite j'ai été très fortement victime de la presse à scandale. Je trouve ça assez pénible parce que ça ne repose sur rien, et c'est toujours sur le malheur. C'est difficile de vivre sous le regard des autres constamment. On va vous répondre c'est la rançon de la gloire... Ouais...

    DV : Vous êtes en accord avec vous même, mais est-ce que vous vous engueulez des fois ?

    S : Ah oui, des fois je m'engueule, bien sûr ! Il y a des moments où  je me déteste, quand je cède trop facilement pour préserver le calme, la sérénité parce que je n'aime pas la tension, alors après je m'en veux !

    DV : Vous êtes une artiste accomplie, y-a-t-il encore des choses qui pourraient vous blesser dans le jugement que les autres portent sur vous ?

    S : Seul le jugement des gens que j'aime est important. Par exemple ma mère est très dure avec moi. Elle est assez directe et elle me dit la vérité je trouve ça intéressant. Yves est dur mais il me fait avancer, donc je l'accepte.

    DV : Ca ne vous a pas manqué de ne pas faire la java, la fête, d'aller en boîte de nuit ?

    S : La java, je l'ai faite avec les B. Devotion. Mais déjà je trouve qu'une femme qui boit, c'est pas génial quoi, une femme saoûle je ne trouve pas ça joli, moi je bois très peu, j'aime bien une petite coupe et stop. Bof, je ne regrette rien, j'ai eu une jolie vie, je ne suis pas sortie jusqu'à 7 heures du matin tous les soirs, mais c'est peut-être pour ça aussi que je suis en forme à 50 ans passés !

    DV : Emmenez-Moi est la chanson qui a le plus caractérisé votre volonté de chanter autre chose...

    S : Oui, pour moi cette chanson est très importante. J'habitais Neuilly, c'était au début de ma collaboration avec Yves. Il m'a téléphoné en me disant qu'il voulait me faire écouter une chanson. Il est arrivé et s'est mis au piano. J'avoue que quand j'ai entendu cette chanson, je ne l'aurais jamais laissé chanter à personne d'autre car c'était tellement mon état d'esprit, ce dont j'avais envie... J'ai compris qu'il avait saisi ce que j'étais. Le premier album c'était très bien, mais là ça va plus loin dans les sentiments. Le jour où il a écrit ça, il a saisi tout ce que j'étais, et c'est pour ça que ça fait plus de quinze ans qu'on est ensemble...

    DV : On peut revenir sur votre décision de partir en 89 ? Fallait-il le faire à tout prix ?

    S : oh la la... Oui, moi je dis oui ! c'était mon choix, après tout j'ai quand même ma vie... Il fallait que je le fasse parce que il fallait que j'avance, que je me retrouve,  il fallait que......... je pleure, que je sois seule, que je voie la vérité en face. Au bout de 9 ans, on en a reparlé avec Yves, les gens me manquaient, j'avais présenté quelques émissions de télévision, mais le contact avec les gens, ça me manquait, serrer leurs mains, les embrasser, j'ai besoin d'être aimée, j'ai toujours vécu comme ça. Mais le système du disque où on vous dit qu'à 40 ans vous êtes trop vieux et que vous n'avez qu'à rester chez vous, ça me défrise ! Donc j'ai dit à Yves d'accord, mais je veux refaire de la scène. On était tous les deux contre le monde entier, avec Pascal Sevran, Michel Drucker, c'est tout ! Vous voyez, on n'était pas beaucoup !

    DV : Pour finir sur 89, vous étiez tous les soirs en larmes devant un public lui même en larmes...

    S : Ca, ça m'a fait du mal par contre. Quand j'ai dit "je m'arrête", je n'ai pas pensé aux conséquences. Comment dire... Moi je ne réalise pas qui je suis, ni ce que je représente chez les gens, je ne me rends pas compte... Et là, ça m'a perturbée énormément car je me suis mise à culpabiliser en me disant que je n'avais pas le droit de faire du mal aux gens... Tous les soirs pendant 12 jours je me suis déchirée, et quand je dis déchirée, c'est déchirée ! J'étais en larmes tous les soirs, je n'arrivais pas à chanter ma chanson, et le pire a été le dernier soir, parce que j'ai vu des petits papiers sortir, j'essayais de m'isoler pour être digne, et tout le monde a commencé à chanter "On est venu te dire que l'on t'aimait"... Tu imagines ? C'est une des choses qui m'ont le plus marqué dans ma vie. Aujourd'hui je t'en parle et je suis capable de m'écrouler en larmes, là... Il y a mille façons de dire qu'on l'aime à quelqu'un mais ça c'est... Bon, on passe à autre chose parce que ça je ne peux pas (la voix tremble d'émotion). Ma carrière, je ne la dois qu'à la fidélité, à l'acharnement des gens. C'est du militantisme ! Les gens ont envie que je sois admise, reconnue, respectée.

    DV : Vous ne vous sous-estimez pas un peu ?

    S : Je ne fais que de la chansonnette, il ne faut pas se prendre pour ce qu'on n'est pas ! ça t'énerve hein !!! Non, mais moi je me trouve excessivement talentueuse, ça n'a rien à voir ! Simplement, je reste à ma place, je ne suis ni Brassens, ni Ferré ! Mais je pense être une des rares à savoir chanter, danser, jouer la comédie, oui ! Et je le dis ! Ce n'est pas prétentieux de ma part, c'est comme ça !

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    S : Votre interview m'a fait bouger tout ça à l'intérieur... Et puis quand je suis entrée sur la scène, que j'ai vu tous ces gens qui m'aiment bien, qui me suivent, on les avait invités parce qu'on leur devait ça, ce n'était pas pour avoir la claque !  Mais je n'avais pas réalisé que j'allais me retrouver devant des gesn que j'ai vu grandir, qui font partie intégrante de ces 40 ans, que je croise régulièrement et d'un seul coup la bouffée d'amour monte et c'est dur à gérer, mais c'est un grand moment. Quand je ne serai plus là c'est peut-être un document qu'on montrera, et votre interview, je pense que quelqu'un qui ne me connaît pas a envie de me connaître, parce que vous allez chercher les choses au fond....

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    « 30 août 1996 / SLC10 novembre 1979 / COLLARO SHOW »

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  • Commentaires

    3
    Samedi 21 Février 2015 à 00:03

    Tres en beauté dans cette émission!!

    J'aime sa coiffure!!

    2
    Vendredi 9 Septembre 2011 à 19:40

    Didier Varrod restera le SEUL, à être capable d'interviewer Sheila, de façon intelligente ! dommage que... 

    1
    Pascal du nord
    Mercredi 1er Juin 2011 à 07:40

    La Sheila '2002-2003' laissait présager une belle continuation dans sa carrière de chanteuse...PascaL.

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