• LA DEPECHE du 26/12/2012

    Le grand retour de Sheila

     Le grand retour de Sheila ()

    On lui parle de Toulouse. Elle évoque une «jolie ville» à laquelle elle reste attachée «pour des raisons sentimentales». On lui demande des nouvelles de Ringo, l'enfant du pays qui mène aujourd'hui une vie des plus discrète dans le quartier de la Côte Pavée. Elle n'en a pas depuis longtemps et rappelle dans un soupir : «Vous savez, on est séparés depuis 1976». Sheila déteste vivre dans les souvenirs, surtout quand ils sont douloureux. Pour elle, 2012 est l'année du renouveau, avec un disque tout frais, «Solide», qu'elle viendra défendre en province après son triomphe récent à l'Olympia.

    Votre nouveau disque s'appelle «Solide». Un vrai acte de foi ?

    C'est pour montrer que je suis encore là après tant d'années, après tout ce que j'ai vu, vécu, entendu. Pour tenir dans ce métier, il faut être solide, équilibré sinon on risque vite de se perdre. Il y a la lumière allumée, la lumière éteinte, c'est pas toujours facile.

    Sur la pochette, vous ne cachez pas vos rides…

    Il y a un moment où il faut assumer ce qu'on est. Ces rides sont des rides d'expression, des rides de sourire. Le temps, malheureusement, on le compte. Mais cela n'entame pas ma bonne humeur, je me sens encore bien, j'ai envie de continuer. Les rares fois où je regarde en arrière, je me dis : Ce n'est pas possible que j'ai vécu tout ça.

    Quels souvenirs avez-vous des années 60 ?

    Je n'ai pas de nostalgie, cela fait partie de ma vie. C'était une période magnifique, celle de l'insouciance de mes 16 ans. Rien ne paraissait impossible alors. Mais je le répète : Je regarde devant. Je m'intéresserai à mon passé quand je serai une très vieille dame. Comme ma grand-mère, j'espère, qui a vécu jusqu'à 104 ans.

    Votre disque sonne américain, entre rock et folk…

    Cette tonalité musicale correspond bien au son d'aujourd'hui. Et les textes me vont parfaitement ; ils disent tellement ce que je pense. «Une arrière-saison», par exemple, écrite par Nina Bouraoui. C'est une chanson de femme, de femme mûre. Dans la vie, il y a plein de choses importantes. A un moment, on se pose et on regarde vers quoi on veut aller, avec qui on veut poursuivre le chemin.

    Les paroles qu'on vous a écrites sont très directes. Comme vous ?

    Je suis effectivement quelqu'un de très direct. Aujourd'hui, je dis ce que j'ai sur le cœur. «On s'en fout» (une chanson d'Yves Martin, NDLR), c'est tellement ça : on a pris du recul et si les autres sont jaloux… on s'en fout. On ne peut pas tenir tout le monde dans ses bras, vivre perpétuellement avec le stress et les rancœurs. Dans ce domaine, j'ai passé le cap depuis un moment.

    Une seule chanson, «Mon eldorado», rappelle votre période disco… Vous aimez faire danser les gens ?

    La danse fait partie de ma vie. Je la pratique très régulièrement et j'aime avoir des courbatures, cela prouve que j'ai fait travailler mon corps. Je ne conçois pas de spectacle sans danse. Je me demande parfois ce que je ferai quand je ne pourrai plus danser. Il faut que je bouge tout le temps. C'est surtout fatigant pour les autres !

    Quelles sont vos chansons préférées, celles qu'on retrouvera dans vos prochains concerts ?

    Difficile de vous en citer : j'en ai chantées 700 ! A l'Olympia, j'ai par exemple gardé «Bang Bang» dans une nouvelle version, «Spacer», «Vivre mieux», «Emmenez-moi». Certains titres ont pris un coup de vieux terrible : il faut les réarranger sinon ils ne seraient pas écoutables. C'est pour ça qu'on a transformé «Petite fille de français moyen» en rock ou «Comme des rois mages» en salsa. Je comprends que ces chansons aient tellement marqué les gens. Elles font partie intégrante de leur histoire, elles rappellent un mariage, une naissance, un divorce…

    CD «Solide» de Sheila (New Chance/Warner Music). Tournée en préparation.


    «Mon plus beau Noël avec Touti»

    «Je devais avoir 4 ou 5 ans et mes parents m'avaient offert un caniche noir grandeur nature. Il s'appelle Touti et je l'ai encore dans ma chambre, fidèle au poste. Pour 2013, le plus beau cadeau serait une tournée en France, avec un aussi beau spectacle qu'à Paris : 14 artistes sur scène, des chansons et de belles chorégraphies. On y travaille et je suis en incantations permanentes pour que cela se fasse rapidement.»


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