• LA VOIX DU NORD 03-01-2013

    Sheila : « Ma force, c'est que mon lien avec le public n'a jamais changé ! »

    Sheila vient de fêter son jubilé. Pour l'occasion, elle a retrouvé son public à l'Olympia en septembre et vient de sortir un nouvel album, « Solide ». Nous l'avons rencontrée et pour évoquer avec elle ses cinquante ans de carrière, nous avons égrené les paroles de ses nouvelles chansons.

    �La vieillesse, ce sont les autres qui vous la donnent. Moi, j'ai l'impression d'avoir quarante ans!�

    - Dans le premier titre de l'album, vous dites que vous n'avez « plus peur »... de quoi ?

    Je n'ai plus peur de grand-chose, à part de la loi de Dieu et de mourir demain... Et encore, je n'ai pas peur de la mort. Vous savez quand on est jeune et qu'on fait ce métier, on a plein d'angoisses. C'est un métier instable... Avec l'âge, on apprend à être serein, on va à l'essentiel.

    - Dans « Je pardonnerai », vous parlez de liberté à reprendre. À quels moments, ne vous êtes-vous pas sentie libre ?

    Je n'ai pas eu l'impression d'avoir été étouffée. Je ne me rendais pas compte. Mais j'ai été mise "sous cloche". Ma liberté est arrivée avec le disco. C'est là que j'ai commencé à tourner en Europe, à New York... Plus personne ne me tenait, je faisais ce que je voulais. Je me foutais de ce qu'on pouvait dire... C'était très différent... Vous savez, il faut que je fasse les choses par plaisir. Je privilégie ma vie plutôt que ce que ça rapporte. C'est ça, ma liberté.

    - Une des chansons s'intitule « Si je chante encore »... Avez-vous pensé à arrêter la chanson ?

    En 1989, je me suis arrêtée. J'avais vraiment décidé de ne plus faire de disques. Ce n'était pas une lubie. Faire des maquettes, des tests... Repasser toujours des examens... Je ne pouvais plus. Et j'ai appris à vivre avec un téléphone qui ne sonne plus. J'ai dû faire face à moi-même. Apprendre à ne pas avoir peur du silence. Tout ça m'a fait grandir.

    - Et puis il y a eu le retour à l'Olympia en 1998... 

    Oui, j'ai refait de la scène, puis un autre album... Et là, ça faisait douze ans que je n'avais pas fait d'album. C'était compliqué. Au départ, on s'était dit qu'on ne fêterait pas les 50 ans. Et puis, je me connais, j'aurais eu des regrets ! Alors on a décidé de refaire l'Olympia, j'ai une vraie histoire avec cette salle, et pendant la préparation du spectacle, la maison de disques a dit ''On veut un album''. Et on l'a fait en deux mois et demi  ! Et c'est un beau bébé !

    - Le titre « Une arrière-saison », ça correspond bien à ce moment de votre vie, plus doux, plus serein ?

    Cette chanson, c'est un constat de vie : au fond, la plus belle des réussites, c'est de pouvoir faire le parcours qu'il nous reste avec quelqu'un (Une arrière-saison avec toi / c'est tout ce qui me va). C'est beau d'être à deux. Quand on respecte quelqu'un, qu'on l'admire et qu'on lui laisse sa place. Moi je vis avec quelqu'un avec qui je travaille, et après trente ans, on ne s'ennuie jamais, on se marre... Et quand on a ça, on a un 20/20 dans la vie ! Cette chanson, on ne peut pas la chanter à vingt ans.

    - Dans « Et je me passe », vous chantez « Je me suis réconciliée avec celle que j'ai été »... 

    Oui, j'ai fait le point sur tout et j'assume tout. Aujourd'hui, je suis vraiment en adéquation avec mon âge, avec qui je suis... C'est la maturité, peut-être !

    - « J'avais envie de vous revoir », c'est la chanson des retrouvailles à l'Olympia... Ces retrouvailles, vous les deviez à votre public ?

    À chaque fois qu'on écrit un spectacle, Yves (1) écrit une chanson pour mon public. Il est très respectueux de sa fidélité. D'ailleurs, il écrit "Ce soir c'est notre anniversaire", ce n'est pas seulement le mien, c'est celui du public. C'est l'anniversaire de notre histoire commune. Au-delà des chansons, c'est une histoire de vie. Et ma grande force, c'est que mon lien avec les gens n'a jamais changé, ça va au-delà des chansons, c'est fusionnel entre nous. Un échange d'amour incroyable. Je suis portée par les gens. Ils me donnent des ailes.

    1. Yves Martin, son compagnon, qui est auteur-compositeur.
    L'album « Solide », disponible chez Warner, prix conseillé 15 E (ou 24 E avec un DVD).


  • Commentaires

    2
    Catherine .51
    Mardi 8 Janvier 2013 à 18:58

    Bonne interview ........J'aime beaucoup la chanson  "  une arrière saison "  très bien chanté avec émotion !!

    1
    Dimanche 6 Janvier 2013 à 09:54

    Merci Gilles ! J'aime l'interview... C'est bien tu as retranscris le principal !



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